Chaque établissement recevant du public doit faire l’objet de vérifications techniques régulières pour garantir la conformité de ses installations de sécurité incendie. Mais qui est habilité à réaliser ces contrôles ? À quelle fréquence faut-il les programmer ? Et que se passe-t-il en cas de non-conformité ? Ce guide fait le point sur vos obligations.
Sommaire
En bref
Le contrôle technique incendie est une obligation réglementaire pour tous les ERP. Il doit être réalisé par un organisme agréé ou un technicien compétent, selon des périodicités définies par l’arrêté du 25 juin 1980. Le non-respect de ces vérifications expose l’exploitant à des sanctions administratives et pénales.
Qui peut réaliser un contrôle technique incendie ?
Le contrôle technique incendie ne peut pas être confié à n’importe quel prestataire. La réglementation distingue deux catégories d’intervenants selon le type de vérification à effectuer.
Les organismes agréés par le ministère de l’Intérieur
Pour les vérifications réglementaires obligatoires, seuls les organismes agréés par arrêté ministériel sont habilités à intervenir. Ces organismes disposent de l’agrément prévu par l’article GE 7 du règlement de sécurité. Parmi les plus connus en France : Apave, Bureau Veritas, Socotec, Dekra ou encore Qualiconsult.
L’agrément garantit que l’organisme possède les compétences techniques, les moyens matériels et l’indépendance nécessaires pour réaliser des contrôles fiables. Il est délivré pour une durée limitée et soumis à renouvellement.
Les techniciens compétents
Certaines vérifications peuvent être réalisées par des techniciens compétents, c’est-à-dire des professionnels qualifiés qui ne sont pas nécessairement des organismes agréés. C’est le cas notamment des vérifications de maintenance des équipements de sécurité incendie (SSI, extincteurs, désenfumage).
Le technicien compétent doit justifier de qualifications professionnelles adaptées : certifications APSAD, Qualifelec, ou habilitations spécifiques délivrées par les fabricants d’équipements.
Attention
L’exploitant de l’ERP ne peut pas réaliser lui-même le contrôle technique incendie de son établissement. Le principe d’indépendance entre le vérificateur et l’exploitant est une exigence fondamentale de la réglementation.
Quelles installations sont concernées par le contrôle technique incendie ?
Le contrôle technique incendie porte sur l’ensemble des installations et équipements contribuant à la sécurité des personnes. Voici les principaux domaines vérifiés.
Les installations électriques
La vérification des installations électriques est l’un des contrôles les plus importants. Elle couvre le tableau général, les circuits de sécurité, les dispositifs de protection, les prises de terre et l’éclairage de sécurité (BAES). Les installations électriques défectueuses sont à l’origine de près de 30 % des incendies en établissement.
Le système de sécurité incendie (SSI)
Le SSI fait l’objet de vérifications spécifiques : détecteurs automatiques, déclencheurs manuels, centrales de mise en sécurité, dispositifs actionnés de sécurité (DAS). Chaque composant doit être testé individuellement et en interaction avec les autres éléments du système.
Les moyens de secours
Les extincteurs, les robinets d’incendie armés (RIA), les colonnes sèches ou humides, les systèmes d’extinction automatique (sprinklers) : tous ces équipements doivent être vérifiés périodiquement pour garantir leur fonctionnement en cas de sinistre.
Le désenfumage
Les installations de désenfumage naturel (exutoires, ouvrants) et mécanique (ventilateurs, conduits) font l’objet de contrôles dédiés. Le désenfumage joue un rôle essentiel dans l’évacuation des occupants en facilitant la visibilité et en limitant l’intoxication par les fumées.

Planifier votre controle technique incendie ?
Verification complete et rapport de conformite.
À quelle fréquence programmer les vérifications ?
La périodicité des contrôles techniques incendie varie selon le type d’installation et la catégorie de l’ERP. L’arrêté du 25 juin 1980 et ses modifications fixent les fréquences minimales.
| Type d’installation | Périodicité | Intervenant |
|---|---|---|
| Installations électriques | Annuelle | Organisme agréé |
| SSI (catégorie A et B) | Annuelle | Organisme agréé |
| SSI (catégories C à E) | Annuelle | Technicien compétent |
| Extincteurs | Annuelle + révision 10 ans | Technicien compétent |
| Désenfumage | Annuelle | Technicien compétent |
| Ascenseurs | Tous les 5 ans | Organisme agréé |
| Installations de gaz | Annuelle | Organisme agréé |
| Chauffage et ventilation | Annuelle | Technicien compétent |
Astuce pro
Regroupez vos vérifications annuelles sur la même période pour simplifier le suivi administratif. Prévoyez les contrôles 2 à 3 mois avant le passage de la commission de sécurité pour disposer du temps nécessaire à la levée des éventuelles observations.

Le rapport de vérification : contenu et obligations
À l’issue de chaque contrôle technique incendie, l’organisme ou le technicien rédige un rapport de vérification. Ce document est essentiel pour l’exploitant et pour la commission de sécurité.
Ce que contient le rapport
Le rapport de vérification détaillé pour chaque installation contrôlée :
- L’identification précise des équipements vérifiés (marque, modèle, emplacement)
- Les résultats des essais fonctionnels réalisés
- Les non-conformités constatées, classées par niveau de gravité
- Les prescriptions correctives à mettre en oeuvre
- Les observations complémentaires et recommandations
Le rapport doit être conservé par l’exploitant et tenu à disposition de la commission de sécurité. Il constitue une pièce justificative lors des visites périodiques de la commission.
Délai de remise et conservation
L’organisme de contrôle remet généralement son rapport dans un délai de 2 à 4 semaines après l’intervention. L’exploitant doit conserver les rapports pendant au moins 5 ans, voire plus pour certaines installations (10 ans pour les installations électriques dans les ERP de 1re catégorie).
Suites du contrôle : prescriptions et mise en demeure
Lorsque le contrôle technique incendie révèle des non-conformités, plusieurs scénarios se présentent selon la gravité des anomalies constatées.
Les prescriptions correctives
Le rapport classe les anomalies en différents niveaux. Les observations mineures (signalétique manquante, extincteur à réviser) doivent être corrigées avant la prochaine visite de la commission. Les non-conformités majeures (installation électrique dangereuse, SSI hors service, issues de secours bloquées) exigent une intervention immédiate.
L’avis de la commission de sécurité
La commission de sécurité examine le rapport lors de sa visite périodique. Si les non-conformités ne sont pas levées, elle peut émettre un avis défavorable à la poursuite de l’exploitation. Cet avis est transmis au maire qui peut prendre un arrêté de fermeture.
La mise en demeure
En cas de danger grave et immédiat, le préfet peut mettre en demeure l’exploitant de réaliser les travaux de mise en conformité dans un délai imposé. Le non-respect de la mise en demeure entraîne la fermeture administrative de l’établissement.

Sanctions en cas de manquement
Le défaut de contrôle technique incendie expose l’exploitant à des sanctions sévères, tant administratives que pénales.
Sanctions administratives
Le maire peut ordonner la fermeture de l’établissement par arrêté municipal si les vérifications réglementaires ne sont pas réalisées ou si les prescriptions ne sont pas respectées. Cette fermeture peut être immédiate en cas de danger pour la sécurité des personnes.
Sanctions pénales
L’article R. 123-52 du Code de la construction et de l’habitation prévoit une contravention de 5e classe (1 500 euros, 3 000 euros en cas de récidive) pour le non-respect des règles de sécurité incendie. En cas d’incendie avec victimes, la responsabilité pénale de l’exploitant peut être engagée pour mise en danger de la vie d’autrui ou homicide involontaire.
Attention
L’absence de rapport de vérification à jour est systématiquement relevée lors des visites de la commission de sécurité. C’est l’un des motifs les plus fréquents d’avis défavorable. Un audit de sécurité incendie permet d’anticiper et de corriger les anomalies avant le passage de la commission.
Ce qu’il faut retenir
- Le contrôle technique incendie doit être réalisé par un organisme agréé ou un technicien compétent, jamais par l’exploitant lui-même
- La plupart des vérifications sont annuelles (électricité, SSI, désenfumage, extincteurs, gaz)
- Le rapport de vérification est obligatoire et doit être conservé au moins 5 ans
- Les non-conformités non levées peuvent entraîner un avis défavorable et la fermeture de l’établissement
- Les sanctions vont de l’amende à la responsabilité pénale en cas d’accident
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Questions fréquentes sur le contrôle technique incendie
Quelle est la différence entre un contrôle technique incendie et un audit de sécurité ?
Le contrôle technique incendie est une vérification réglementaire périodique réalisée par un organisme agréé, portant sur des installations précises (électricité, SSI, désenfumage). L’audit de sécurité incendie est une analyse globale qui évalue la conformité de l’ensemble de l’établissement et propose un plan d’action correctif.
Un contrôle technique incendie est-il obligatoire pour un ERP de 5e catégorie ?
Oui, les ERP de 5e catégorie sont soumis aux mêmes obligations de vérification technique que les autres catégories, conformément à l’article PE 4 du règlement de sécurité. La périodicité et le type d’intervenant varient selon les installations concernées.
Combien coûte un contrôle technique incendie ?
Le coût varie selon la taille de l’établissement et les installations à vérifier. Comptez entre 500 et 2 000 euros pour un ERP de 5e catégorie, et entre 2 000 et 8 000 euros pour un établissement de 1re ou 2e catégorie. Demandez un devis personnalisé pour obtenir un chiffrage précis.
Que faire si le rapport de vérification révèle des non-conformités ?
L’exploitant doit mettre en oeuvre les prescriptions correctives dans les délais recommandés par le rapport. Les anomalies mineures doivent être corrigées avant la prochaine visite de la commission de sécurité. Les non-conformités majeures (danger immédiat) exigent une intervention dans les plus brefs délais, sous peine de fermeture administrative.
Peut-on réaliser un contrôle technique incendie à distance ?
Non, le contrôle technique incendie nécessite une intervention physique sur site. Le technicien doit tester chaque équipement, vérifier les installations in situ et réaliser des essais fonctionnels. Les rapports de complaisance établis sans visite réelle sont illégaux et exposent l’exploitant et le vérificateur à des poursuites.
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