Le registre de sécurité incendie est un document obligatoire pour tout établissement recevant du public (ERP) et pour la plupart des établissements recevant des travailleurs (ERT). Ce document central rassemble l’ensemble des informations relatives à la sécurité contre l’incendie : vérifications techniques, formations du personnel, exercices d’évacuation, travaux de mise en conformité et observations de la commission de sécurité.
Malgré son importance, le registre de sécurité reste souvent incomplet ou mal tenu, exposant l’exploitant à des sanctions en cas de contrôle. Cet article détaille le contenu obligatoire du registre, les erreurs fréquentes à éviter, et propose un modèle de structure conforme aux exigences réglementaires.
Alise SSI accompagne les exploitants d’ERP dans la mise en conformité de leur documentation.
Qu’est-ce que le registre de sécurité incendie ?
Le registre de sécurité incendie est un document officiel qui retrace l’historique complet de la gestion de la sécurité contre l’incendie dans un établissement. Il sert de mémoire vivante pour l’exploitant, de support de contrôle pour la commission de sécurité, et de preuve en cas de litige ou de sinistre.
Ce registre ne se limite pas à un simple classeur de rapports de vérification. Il constitue le tableau de bord de la sécurité incendie de l’établissement. On y retrouve la description des installations techniques (système de sécurité incendie, extincteurs, désenfumage, éclairage de sécurité), les dates et résultats de chaque vérification, la liste des personnels formés, les procès-verbaux d’exercices d’évacuation, et les prescriptions formulées par la commission de sécurité lors de ses visites.
Qui est responsable de sa tenue ?
La responsabilité du registre de sécurité incendie incombe à l’exploitant de l’établissement. Dans un ERP, c’est le chef d’établissement ou le responsable unique de sécurité (pour les groupements d’établissements). Dans un immeuble de grande hauteur (IGH), c’est le propriétaire ou son mandataire. En pratique, la tenue quotidienne est souvent déléguée à un responsable sécurité, mais la responsabilité juridique reste celle de l’exploitant.
L’absence de registre ou sa tenue incomplète constitue une infraction au code de la construction et de l’habitation (article R143-45). En cas d’incendie, l’absence de preuve de vérifications régulières peut engager la responsabilité pénale de l’exploitant pour mise en danger de la vie d’autrui.
Base réglementaire et textes de référence
Le registre de sécurité incendie trouve son fondement juridique dans plusieurs textes réglementaires, selon le type d’établissement concerné.
Pour les ERP (établissements recevant du public)
L’article R143-45 du code de la construction et de l’habitation impose la tenue d’un registre de sécurité dans tous les ERP, quelle que soit leur catégorie (de la 1ère à la 5ème). L’arrêté du 25 juin 1980 modifié (articles GE 1 à GE 10) précise le contenu du registre et les obligations de l’exploitant. Depuis l’ordonnance n° 2021-1844 et le décret n° 2021-1945, ces dispositions sont codifiées dans le code de la construction et de l’habitation (articles R143-38 à R143-48).
Pour les lieux de travail (ERT)
Le code du travail (articles R4227-1 à R4227-57) impose à l’employeur de maintenir en état les installations de sécurité et de former les travailleurs. L’article R4227-39 impose la consigne de sécurité incendie, et l’article R4227-55 exige la tenue d’un registre des vérifications. En pratique, ces exigences convergent vers un registre de sécurité unique qui satisfait les deux réglementations.
Pour les immeubles de grande hauteur (IGH)
L’arrêté du 30 décembre 2011 relatif aux IGH impose des obligations renforcées en matière de documentation de sécurité. Le registre doit notamment comporter le plan d’organisation interne de sécurité (POIS), les consignes permanentes du service de sécurité, et les résultats des exercices trimestriels.
Contenu obligatoire du registre
Le registre de sécurité doit contenir au minimum les éléments suivants, classés par thématique. Chaque rubrique correspond à une obligation réglementaire spécifique.
Les renseignements généraux de l’établissement
- Nom et adresse de l’établissement, identité de l’exploitant
- Classement ERP (type et catégorie) avec le numéro du procès-verbal de classement
- Date de la dernière visite de la commission de sécurité et avis rendu (favorable ou défavorable)
- Liste des installations de sécurité : SSI, extincteurs, désenfumage, éclairage de sécurité, portes coupe-feu, colonnes sèches ou humides
- Plans de l’établissement : plans d’évacuation, plans d’intervention, plans de désenfumage
Les vérifications techniques périodiques
C’est la partie la plus volumineuse du registre. Chaque installation de sécurité fait l’objet de vérifications régulières dont les rapports doivent être annexés au registre. Les principales vérifications concernent :
- Le système de sécurité incendie (SSI) : vérification annuelle par un organisme agréé, conformément à la norme NF S 61-933
- Les extincteurs : vérification annuelle et révision décennale (NF S 61-919)
- Le désenfumage : vérification annuelle des exutoires, ventilateurs, volets et commandes (en savoir plus sur le désenfumage)
- L’éclairage de sécurité (BAES) : vérification semestrielle de l’autonomie des blocs
- Les installations électriques : vérification annuelle par un organisme agréé (décret du 14/11/1988)
- Les installations de gaz : vérification annuelle
- Les moyens de secours : colonnes sèches, RIA (Robinets d’Incendie Armés), sprinklers
La formation du personnel et les exercices
Le registre doit comporter les preuves de formation du personnel à la sécurité incendie. L’article R4227-39 du code du travail impose une formation à la sécurité incendie pour tout le personnel. Les exercices d’évacuation doivent être réalisés au minimum deux fois par an dans les ERP et une fois par an dans les lieux de travail. Chaque exercice est consigné dans le registre avec la date, le nombre de participants, le temps d’évacuation et les observations.
Les travaux et modifications
Toute modification de l’aménagement intérieur, tout changement d’activité, toute installation ou remplacement d’équipement de sécurité doit être consigné dans le registre. Les permis de feu délivrés pour des travaux par points chauds sont également annexés. L’historique des audits de sécurité incendie et les plans d’action qui en découlent complètent cette rubrique.
| Rubrique | Fréquence de mise à jour | Responsable |
|---|---|---|
| Renseignements généraux | À chaque modification | Exploitant |
| Rapports de vérification SSI | Annuelle (+ trimestrielle interne) | Organisme agréé + exploitant |
| Vérifications extincteurs | Annuelle | Prestataire certifié |
| Exercices d’évacuation | Semestrielle (ERP) / annuelle (ERT) | Exploitant |
| Formations du personnel | À chaque session | Exploitant / organisme de formation |
| Travaux et modifications | À chaque événement | Exploitant |
| Procès-verbaux commission de sécurité | À chaque visite | Commission + exploitant |
Modèle de structure pour un registre conforme
Voici une structure type pour organiser un registre de sécurité incendie conforme aux exigences réglementaires. Ce modèle s’adapte à la plupart des ERP de 1ère à 5ème catégorie.
Section 1 : identification de l’établissement
Cette première section regroupe la fiche signalétique de l’établissement : raison sociale, adresse, activité principale, type ERP (lettre de classement : M pour magasin, O pour hôtel, R pour enseignement, etc.), catégorie (1ère à 5ème), effectif maximal autorisé, et coordonnées de l’exploitant responsable. Elle contient également la copie de l’arrêté d’ouverture et le dernier procès-verbal de la commission de sécurité.
Section 2 : descriptif des installations de sécurité
Un inventaire exhaustif des équipements de sécurité avec pour chacun : la marque, le modèle, la date d’installation, le prestataire de maintenance, et le numéro de contrat. Cette section inclut les plans de sécurité (évacuation, intervention, désenfumage) datés et signés.
Section 3 : rapports de vérification
Les rapports sont classés par installation et par année, du plus récent au plus ancien. Chaque rapport est accompagné d’un suivi des observations : anomalies relevées, date de correction prévue, date de correction effective. Les observations non levées constituent des non-conformités qui seront vérifiées par la commission de sécurité.
Section 4 : personnel et formation
La liste nominative du personnel formé à la sécurité incendie, avec les dates de formation initiale et de recyclage. Les attestations de formation et les comptes-rendus d’exercices d’évacuation sont annexés. Le nom des guides-files et serre-files désignés figure dans cette section.
Section 5 : travaux et événements
L’historique chronologique de tous les travaux ayant un impact sur la sécurité : modification de cloisonnement, remplacement d’une porte coupe-feu, ajout d’un exutoire de désenfumage, changement d’activité dans un local. Les permis de feu délivrés sont conservés dans cette section pendant au moins 5 ans.

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Erreurs fréquentes et points de vigilance
Les rapports de vérification non annexés
L’erreur la plus courante consiste à recevoir les rapports de vérification par courrier ou par email sans les intégrer au registre. En cas de visite de la commission de sécurité, l’absence de rapport au registre est considérée comme une absence de vérification, même si celle-ci a bien été réalisée. Il est impératif d’annexer physiquement chaque rapport au registre dès sa réception.
Les observations non levées
Chaque rapport de vérification peut contenir des observations (anomalies constatées). L’exploitant a l’obligation de les corriger dans un délai raisonnable et de consigner la correction dans le registre. Une accumulation d’observations non levées sur plusieurs années constitue un motif d’avis défavorable de la commission de sécurité, pouvant entraîner la fermeture administrative de l’établissement.
L’absence d’exercices d’évacuation
La réglementation impose des exercices d’évacuation réguliers (semestriels en ERP). L’absence de compte-rendu d’exercice au registre est systématiquement relevée par la commission. Un exercice non documenté est considéré comme non réalisé. Le compte-rendu doit mentionner la date, l’heure de déclenchement, le temps d’évacuation total, le nombre de personnes évacuées, et les difficultés constatées.
Registre papier ou numérique : que choisir ?
La réglementation n’impose pas de format particulier pour le registre de sécurité. Le support papier (classeur avec intercalaires) reste le plus répandu, mais les solutions numériques se développent et offrent des avantages significatifs en termes de gestion et de traçabilité.
Le registre papier
Le registre papier présente l’avantage de la simplicité et de l’accessibilité immédiate. Il ne nécessite aucun outil informatique et reste consultable même en cas de coupure électrique. En revanche, il est vulnérable (perte, dégâts des eaux, incendie), difficile à dupliquer, et ne permet pas de suivi automatisé des échéances de vérification.
Le registre numérique
Une solution numérique (application web, logiciel dédié) permet de centraliser les rapports, d’automatiser les rappels d’échéance, de partager l’accès entre plusieurs responsables, et de conserver un historique infalsifiable. Elle facilite également la préparation des visites de commission en générant des synthèses automatiques. La sauvegarde en cloud protège contre la perte du registre en cas de sinistre dans l’établissement.
Quelle que soit la solution retenue, l’essentiel est que le registre soit complet, à jour, et accessible dans l’établissement lors des contrôles. En cas de format numérique, une copie imprimable doit pouvoir être produite sur demande de la commission.
Durée de conservation et archivage
Aucun texte ne fixe explicitement une durée minimale de conservation du registre de sécurité. En pratique, les préconisations des juristes et des assureurs convergent vers une conservation de 10 ans minimum pour les rapports de vérification et les procès-verbaux de commission, et de 30 ans pour les registres complets (durée de prescription en matière de responsabilité pénale pour les infractions graves).
Les rapports de vérification des installations électriques doivent être conservés au moins 5 ans (décret du 14 novembre 1988). Les attestations de formation à la sécurité incendie sont conservées pendant toute la durée de présence du salarié dans l’entreprise, puis 5 ans après son départ.
« Le registre de sécurité est la mémoire de l’établissement en matière de prévention incendie. Sa bonne tenue est le premier signe d’une gestion responsable de la sécurité. »
— Source : Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), 2023

Questions fréquentes
Le registre de sécurité est-il obligatoire pour un ERP de 5ème catégorie ?
Qui peut consulter le registre de sécurité incendie ?
Que risque-t-on en cas d’absence de registre de sécurité ?
Faut-il un registre par bâtiment ou un seul pour l’ensemble du site ?
Comment préparer le registre avant une visite de la commission de sécurité ?
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