Le système de mise en sécurité incendie (SMSI) est le dispositif qui réagit automatiquement lorsqu’un départ de feu est détecté dans un bâtiment. Contrairement au SDI (système de détection incendie) qui se contente d’identifier le danger, le SMSI déclenche les actions concrètes : fermer des portes, ouvrir des exutoires, activer l’alarme. Il repose sur 5 fonctions distinctes, définies par les normes NF S 61-931 à NF S 61-940.
Dans cet article, nous détaillons chacune de ces fonctions, leur rôle dans la chaîne de sécurité et la manière dont elles interagissent via la centrale de mise en sécurité incendie (CMSI).
Quelle est la différence entre SMSI, SSI et SDI ?
Ces trois acronymes reviennent souvent dans le domaine de la sécurité incendie, et il est facile de les confondre. Voici ce qu’ils recouvrent concrètement.
Le SSI (système de sécurité incendie) désigne l’ensemble du dispositif de sécurité incendie d’un bâtiment. Il se compose de deux sous-systèmes :
- Le SDI (système de détection incendie) — détecteurs de fumée, détecteurs thermiques, déclencheurs manuels. Son rôle : identifier le départ de feu et transmettre l’information.
- Le SMSI (système de mise en sécurité incendie) — dispositifs actionnés commandés, CMSI, alarme. Son rôle : exécuter les actions de protection une fois l’incendie détecté.
En résumé : le SDI détecte, le SMSI agit, et le SSI englobe les deux. Les normes françaises (NF S 61-931 à NF S 61-940) définissent les exigences pour chaque sous-système et classent les SSI en 5 catégories (A à E), la catégorie A étant la plus complète.
Fonction 1 — L’évacuation des occupants

La première fonction du SMSI est d’organiser l’évacuation des personnes présentes dans le bâtiment. Elle repose sur deux mécanismes complémentaires :
- L’alarme sonore générale — diffusée par des diffuseurs sonores (DS) répartis dans tout le bâtiment. Le signal doit être audible partout, y compris dans les sanitaires et les locaux techniques.
- Le déverrouillage des issues de secours — les portes équipées de ventouses magnétiques ou de gâches électriques se libèrent automatiquement pour permettre la sortie rapide.
Dans les ERP (établissements recevant du public), l’évacuation peut être immédiate ou différée selon le type d’établissement. Un hôpital, par exemple, pratique l’évacuation horizontale : les patients sont déplacés vers une zone compartimentée adjacente plutôt que vers l’extérieur.
Mise en securite incendie de votre batiment ?
Etude, installation SSI et mise en conformite SMSI.
Fonction 2 — Le compartimentage
Le compartimentage consiste à isoler la zone en feu du reste du bâtiment pour limiter la propagation des flammes et des fumées. Cette fonction s’appuie sur des dispositifs actionnés de sécurité (DAS) :
- Portes coupe-feu — maintenues ouvertes en temps normal par des ventouses électromagnétiques, elles se ferment automatiquement à la coupure du courant (sécurité positive).
- Clapets coupe-feu — installés dans les gaines de ventilation, ils empêchent le feu de se propager par les conduits d’air.
- Écrans de cantonnement — panneaux fixes ou mobiles qui délimitent les volumes de fumée sous plafond et facilitent le travail du désenfumage.
Le compartimentage fonctionne selon le principe de sécurité positive : les DAS se mettent en position de sécurité lors d’une coupure d’alimentation. Une porte coupe-feu retenue par une ventouse se ferme naturellement par gravité si le courant est coupé. Ce principe garantit que le système protège même en cas de panne électrique.
Fonction 3 — Le désenfumage

Le désenfumage est souvent la fonction la plus critique. En cas d’incendie, ce sont les fumées — et non les flammes — qui causent la majorité des décès. Le système de désenfumage a trois objectifs :
- Maintenir praticables les cheminements d’évacuation — en extrayant les fumées des couloirs et escaliers.
- Limiter la propagation de l’incendie — en évacuant les gaz chauds qui pourraient enflammer d’autres matériaux.
- Faciliter l’intervention des secours — en améliorant la visibilité dans les zones enfumées.
Le désenfumage peut être naturel (exutoires en toiture, ouvrants en façade) ou mécanique (ventilateurs d’extraction). Le choix dépend de la configuration du bâtiment, de la hauteur sous plafond et du classement réglementaire.
La CMSI pilote l’ouverture des exutoires et l’activation des ventilateurs selon des scénarios prédéfinis, zone par zone. Un désenfumage mal configuré peut aggraver la situation en alimentant le feu en oxygène — d’où l’importance d’un paramétrage rigoureux.
Fonction 4 — L’extinction automatique
L’extinction automatique vise à contenir ou éteindre le feu sans intervention humaine. Cette fonction n’est pas systématique dans tous les bâtiments : elle dépend du type d’activité, du risque et de la réglementation applicable.
Les principaux dispositifs d’extinction automatique sont :
- Sprinklers (extinction à eau) — le système le plus répandu. Chaque tête se déclenche individuellement lorsque la température locale atteint un seuil (généralement 68 °C). Efficace dans les entrepôts, commerces et bureaux.
- Extinction par gaz — utilisée dans les locaux techniques (salles serveurs, archives) où l’eau causerait des dégâts. Le gaz (FM-200, Novec 1230, CO2) étouffe le feu en réduisant la concentration d’oxygène.
- Brouillard d’eau — gouttelettes très fines qui refroidissent et étouffent le feu avec moins d’eau qu’un sprinkler classique. Adapté aux musées, hôpitaux et data centers.
L’extinction automatique est commandée par le SMSI dans le cas des systèmes à déclenchement centralisé (gaz, brouillard d’eau). Les sprinklers, en revanche, fonctionnent de manière autonome — chaque tête est un dispositif thermosensible indépendant.
Fonction 5 — L’alerte et la gestion technique

La cinquième fonction regroupe les actions de signalisation et de transmission de l’alerte vers l’extérieur du bâtiment :
- Transmission aux services de secours — via un transmetteur téléphonique ou une liaison directe avec le centre de traitement des alertes (CTA) des pompiers.
- Signalisation sur le tableau de la CMSI — chaque zone, chaque dispositif est représenté par un voyant. Le personnel de sécurité identifie en un coup d’Å“il la zone concernée et l’état de chaque fonction.
- Report d’information — vers un poste de sécurité centralisé ou un système de gestion technique du bâtiment (GTB).
Dans un SSI de catégorie A, l’alerte est automatique : le SMSI transmet l’information sans intervention humaine. Dans les catégories inférieures (B à E), l’alerte peut nécessiter une action manuelle du personnel.
Quel est le rôle de la CMSI dans le SMSI ?
La CMSI (centrale de mise en sécurité incendie) est le cerveau du SMSI. Elle reçoit les ordres du SDI (via l’équipement de contrôle et de signalisation, ou ECS) et les traduit en commandes concrètes vers les dispositifs actionnés de sécurité.
Concrètement, la CMSI :
- Reçoit l’information de détection (zone, type de détecteur, alarme restreinte).
- Exécute le scénario de mise en sécurité correspondant à la zone détectée.
- Commande les DAS : portes coupe-feu, volets de désenfumage, ventilateurs, alarme sonore.
- Signale l’état de chaque fonction sur son tableau (voyants, buzzer, historique).
- Permet les commandes manuelles de secours en cas de besoin (forçage, réarmement).
La CMSI peut être de type conventionnel (un relais par zone) ou adressable (communication numérique avec chaque DAS). Les systèmes adressables offrent un diagnostic plus précis et facilitent la maintenance, car chaque dispositif est identifié individuellement.
La norme NF S 61-934 impose que la CMSI soit installée dans un local technique dédié ou à proximité immédiate du poste de sécurité, avec une alimentation électrique secourue (AES) garantissant 12 heures d’autonomie en veille et 1 heure en alarme.
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Questions fréquentes
Mise en securite incendie de votre batiment ?
Etude, installation SSI et mise en conformite SMSI.
Quelles sont les 5 fonctions du SMSI ?
Les 5 fonctions du système de mise en sécurité incendie sont : l’évacuation des occupants, le compartimentage (isolation de la zone en feu), le désenfumage, l’extinction automatique et l’alerte technique avec transmission aux secours. Ces fonctions sont définies par les normes NF S 61-931 à NF S 61-940.
Quelle est la différence entre SSI et SMSI ?
Le SSI (système de sécurité incendie) englobe l’ensemble du dispositif : détection + mise en sécurité. Le SMSI n’est que la partie “action” du SSI. Il est complété par le SDI (système de détection incendie) qui constitue la partie “détection”. Ensemble, SDI + SMSI = SSI.
Quel est le rôle de la CMSI dans un SMSI ?
La CMSI (centrale de mise en sécurité incendie) est l’unité de commande du SMSI. Elle reçoit les informations de détection, exécute les scénarios de mise en sécurité programmés et commande les dispositifs actionnés de sécurité (portes coupe-feu, volets de désenfumage, alarme sonore). Elle affiche également l’état de chaque zone sur son tableau de signalisation.
Le SMSI est-il obligatoire dans tous les bâtiments ?
Non. L’obligation dépend du classement du bâtiment. Les ERP (établissements recevant du public) de 1ère et 2ème catégorie doivent disposer d’un SSI de catégorie A, qui inclut un SMSI complet. Les bâtiments de catégories inférieures peuvent avoir un SSI simplifié (catégories B à E) avec moins de fonctions automatisées.
À quelle fréquence faut-il vérifier un SMSI ?
La réglementation impose une vérification annuelle par un organisme agréé pour les ERP de 1ère à 4ème catégorie. En complément, un entretien semestriel par un technicien qualifié est recommandé pour tester chaque DAS (porte coupe-feu, volet de désenfumage, alarme) et s’assurer que les scénarios de mise en sécurité fonctionnent correctement.




